L’avenir de la reconstruction mammaire
Nous comprenons désormais que l’avenir de la reconstruction tissulaire s’éloigne de la transplantation traditionnelle au sein du même corps pour s’orienter vers la construction en laboratoire de parties du corps autologues à l’extérieur du corps. Ce domaine, connu sous le nom d’**ingénierie tissulaire**, offre la promesse de surmonter de nombreuses limites des techniques de reconstruction actuelles en garantissant l’utilisation de tissus provenant du patient. L’objectif ultime est de reconstruire des répliques exactes des parties retirées ou endommagées, en termes de taille, de forme et de composition, sans cellules malades ou compromises.
Bien que des progrès remarquables aient été réalisés, le chemin est encore long. Les centres de recherche du monde entier font progresser la vision de devenir de véritables « entrepreneurs » de tissus humains. Le chemin à parcourir nécessite des découvertes, des développements, des validations et des essais cliniques rigoureux continus. Au département de chirurgie plastique et reconstructive de l’hôpital universitaire de Gand, en collaboration avec la plateforme TROP (Tissue Regeneration and Organ Printing) de l’université de Gand, nous nous engageons à être à la pointe de cette recherche transformatrice.
Notre atout majeur reste notre approche multidisciplinaire. Depuis le début, nous collaborons avec les facultés de l’UGent et avec des institutions de premier plan telles que le VIB (Vlaams Instituut voor Biotechnologie), l’IMEC et des universités internationales. Notre groupe bénéficie d’un avantage unique : un accès étendu aux tissus humains, ce qui nous permet de prélever et d’isoler des cellules souches à des fins de recherche. Ces collaborations ont déjà porté leurs fruits : notre publication historique sur les sphéroïdes dans Nature Methods nous a placés à l’avant-garde de la recherche sur les sphéroïdes et les organoïdes.
Les partenariats avec la Croix-Rouge et l’installation GMP de l’UZ Gent continuent de stimuler l’innovation. Il est essentiel de noter que nous ne travaillons pas en vase clos. Au contraire, nous avons construit un écosystème collaboratif où convergent la médecine, la chimie, l’ingénierie, la biotechnologie et les sciences fondamentales. Cette approche intégrée nous permet de réfléchir, de brainstormer et d’avancer ensemble comme une seule équipe.
Afin de renforcer encore la collaboration, nous avons lancé la plateforme GATE (Ghent Advanced Therapies and Tissue Engineering) en 2022. Depuis lors, GATE a accueilli de nombreux événements industriels, mettant en relation les chercheurs de l’UGent avec l’industrie pharmaceutique. Avec une technologie qui évolue à un rythme sans précédent, GATE sert de pont essentiel, accélérant le transfert de l’ingénierie tissulaire du laboratoire à la clinique. Chaque jour, nous nous rapprochons de la concrétisation clinique de la médecine régénérative.